Un jour, j'ai recontré Pierre. Pour être plus juste, c'est Pierre qui m'a rencontrée. Il est venu vers moi, m'a offert un verre, m'a raconté ses histoires, et je ne l'ai plus quitté.
Delphine m'avait dit de venir à la fête qu'elle organisait. J'ai passé un moment délicieux à bavarder de tout et de rien, mais surtout à écouter Pierre nous raconter ses voyages, ses randonnées, ses rencontres. En partant, je lui ai promis, que l'on se reverrait, malheureusement, le temps a passé, j'avais plein de choses à faire, je n'avais pas eu le temps de le rappeler.
Deux mois plus tard, Marion organise un dîner et m'invite. En arrivant, je vois Pierre qui me lance, non sans raison, "mais tu m'avais oublié". J'étais un peu fautive, un peu mal à l'aise. Je me suis demandée ce qu'il me voulait. Et du coup, j'ai commencé à le regarder attentivement. Pierre est grand, certainement plus d'un mètre quatre vingt, ses épaules sont larges, de celles que l'on a envie de toucher pour s'assurer qu'elles sont aussi fermes et voluptueuses qu'elles le paraissent. Il a de petits yeux bleus enfoncés, qui lui donnent un air espiègle et rieur et qui contrastent avec son grand nez qui barre son visage et lui donne un air sérieux. Il est blond, quelques cheveux fins et clairsemés l'encadrent et illuminent son teint clair. Ils lui donnent un air d'homme-ange.
Je devais avoir l'air bien concentrée, puisque Pierre s'est soudain mis à sourire. À me sourire. Et quel sourire.... J'ai cru que j'embarquais sur un voilier, je naviguais, mon bateau tanguait sur les flots. Puis, la tempête menaçait, le vent se mettait à souffler, il s'engouffrait dans la pièce, les rideaux gonflaient, les tableaux accrochés au mur vacillaient, et moi j'essayais de ne pas tomber. Je m'accrochais à la barre du navire et tentais de la redresser. Soudain une énorme vague apparut et pour garder ma contenance, je me suis mise à résister. J'ai eu soudain très chaud, mais je suis restée droite à regarder Pierre, son sourire, sa bouche, ses lèvres.
Elles sont charnues, enfin surtout celle du bas. À l'inverse, celle du haut est plutôt fine. Quand il sourit, sa bouche s'étire, le rose de ses lèvres en revanche ne varie pas. C'est un rose foncé, un rose doux, un rose avec des nuances de marron. Des dents blanches, nacrées, régulières, saines, parfaitement alignées apparaissent.
Pierre me plait. Je plais à Pierre. Il le sait, je le sens. Nous sommes restés immobiles, tous les deux debout, lui à me parler, moi à ne pas l'écouter, mais à le regarder, à l'observer et à sourire. Je me suis laissée bercer par la mélodie de sa voix. "J'ai fait de la randonnée et du trek sur l'Annapurna à plus de 5.000 mètres d'altitude, j'ai gravi les plus hauts sommets du Pérou, j'ai navigué dans les bayous du Mississippi, j'ai combattu des crocodiles en Australie, j'ai traversé le désert et je me suis reposé dans un oasis, me nourrissant d'insectes et de dates".
Je n'en crois pas un mot, je regarde ses bras musclés, ses mains larges et soignées. Elles ont l'air bien délicates pour être celles d'un baroudeur. Sa main se pose sur mon bras. Je ne bouge pas. Lui non plus. Je sens sa peau contre la mienne. Je frissonne. "Rugby". J'ai bien entendu le mot rugby. Soudain, je le vois devant moi, en tenue de sportif, son teeshirt moulant, son short trop petit. Il se penche et fait la mêlée avec son équipe de rugbymen. Je m'imagine que le ballon, c'est moi. J'éclate de rire. Il m'embrasse.
Un jour, j'ai rencontré Pierre
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