Un jour de mai, j'ai rencontré une fille formidable. C'était un lundi au soleil. Je profitais des quelques rayons pour une promenade au parc Monceau. La concurrence était forte entre joggers. Il y avait les frimeurs, les rapides, les hédonistes comme moi et les dragueurs. J'étais peu concentré sur ma foulée. Je pensais au bricolage qui m'attendait dans mon petit studio de célibataire et j'échafaudais des plans précis des étagères que j'allais réaliser.
- ah, si j'avais un marteau, là maintenant, à l'instant, me disais-je, je pourrai en fabriquer des meubles !
Soudain, mon regard croisa celui d'une femme, elle aussi courant au parc. Mon cœur se mît à battre plus fort, je me sentis pousser des ailes, je redressais la tête, je fis demi tour pour la suivre et la dépassais fièrement.
- Je marche tout droit, me répétais-je, surtout ne pas montrer de nervosité.
J'avais l'impression qu'elle illuminait tout sur son passage. Les buissons le long du chemin prenait une couleur plus vive, j'entendais les oiseaux chanter autour d'elle. Son teint était fin et délicat comme de la porcelaine. Ses joues à peine rosées semblaient transparentes. Elle était belle comme le jour. Je lui adressais un sourire et entamais la conversation. Elle m'écouta. Je fis une plaisanterie, puis deux, puis trois. Elle riait, j´avais réussi à la séduire.
Cette année là, je me sentais mal aimé. Je n'avais qu'une envie, c'était de trouver une relation stable, une femme qui me ferait oublier, une femme qui me ferait rêver que j'étais heureux.
Comme d'habitude, lorsque je rencontrais quelqu'un qui me plaisait, après les politesses d'usage, je lui proposais rapidement d'aller boire un verre. Alexandra accepta, me suivit dans ma garçonnière, avec la promesse d'une coupe de Veuve Cliquot. J'avais gagné.
Arrivé chez moi, pour détendre l'atmosphère, je branchais mon IPod sur des enceintes et choisis quelques morceaux langoureux de musique américaine. Entraînés par la musique, nous nous sommes rapprochés et avons commencé à danser un slow très sensuel. Je lui montrais mon jouet extraordinaire. Il lui plut, elle aima jouer avec. Pendant qu'elle profitait de ses charmes, je lui susurrais
- ça s'en va et ça revient.
Elle me donna beaucoup d'amour ce soir là. Je croyais en une histoire avec elle.
Le lendemain, elle devait me rejoindre après son travail. Je l'attendis. Elle oublia de venir. Le surlendemain aussi. Les jours suivants de même. Chaque jour à la même heure, je restais à la fenêtre à espérer apercevoir sa silhouette à l'autre bout de la rue. Je surveillais le téléphone, prêt à décrocher à la première sonnerie. Attente inutile. Je n'avais que le téléphone pleure.
Je finis par admettre qu'Alexandra m'avait considéré comme une aventure d'un soir. Cela me rendit triste et mélancolique. J'écrivis un poème, puis un autre. Je les mis en musique et je chantais avec énergie mon désespoir, comme un chanteur malheureux peut le faire. Les jours passaient et ne se ressemblaient pas. Je travaillais dur, je sortais beaucoup, je noyais ma mélancolie dans l'alcool. Je chantais, je courrais. J'avais du mal à oublier ma douce Alexandra. Mon cœur était comme une maison vide. Pourtant quand je pensais à la elle, je ne cessais de chuchoter que j'attendrai.
Puis, un matin de novembre, j'ouvre ma boîte aux lettres, je découvre une carte postale, signée de ma bien aimée. Elle me raconte ces quelques mois passés, à ne pas réussir à m'oublier. Elle est partie à l'étranger le lendemain de notre rencontre, pour son travail. C'était prévu de longue date. Nous n'avions pas eu le temps d'en parler. Je découvre tout cela. Le bonheur de savoir que je n'ai pas été oublié. Toi et moi contre le monde entier. Je me sens à nouveau plein d'énergie. Je veux la rejoindre. Elle est botaniste au Brésil. Elle étudie et répertorie les magnolias. Je me sens prêt à l'aider. C'est décidé, demain je vais à Rio et je la retrouverai.
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