Chapitre 1
Anna résidait au 5ème étage d'un immeuble moderne. Elle habitait seule dans son deux pièces, depuis maintenant 7 ans. D'allure juvénile, on ne lui donnait pas son âge. Elle s'habillait en général simplement, d'un pantalon et d'un tee shirt,avec une paire de tennis plates, de marque bensimon. Pourtant, Mathilde, sa gentille voisine de pallier, en rentrant de son cours de danse, vendredi dernier à 20h, la croisa, vêtue d'une longue robe noire. Mathilde observa Anna sortir de l'ascenseur, fascinée par la grâce et l'élégance de sa voisine.
Sa robe noire dont la coupe était en biais, évoquait la mode des années 30, avec un drapé sur la poitrine, comme le faisait la couturière Madeleine Vionnet. La matière était fluide, dans un crêpe noir, et donnait à Anna de la légèreté. Ses petites chaussures à talon découvrait un pied menu et pointu, retenu par une cheville très fine. Son maquillage, avec du khôl noir, soulignait son regard et mettait en avant ses yeux verts-marron. Ce soir là, comme à l'accoutumée, Elle avait coiffé ses cheveux châtains ondulés dans le milieu du dos. Sa chevelure savamment désordonnée contrastait étonnamment avec sa nonchalance sophistiquée, son calme et sa sérénité. Elle portait un simple bijou, un bracelet d'or au poignet, montrant ainsi qu'elle n'avait besoin de rien pour être belle. Tout chez elle évoquait le mystère : sa façon d'être, de répondre, sa voix rauque, ses intonations chantantes, son allure. Mathilde salua Anna.
- bonsoir, murmura Anna, en retour, souriant à peine.
Mathilde avait remarqué que sa voisine avait un accent. Elle n'avait jamais pu déterminer de quel pays cet accent pouvait être. Il était à la fois léger et sérieux, profond et musical. Il semblait néanmoins provenir d'un pays inconnu. Sur son sillage, Anna laissait une odeur de terre et de musc mêlée à de la vanille, un parfum naturel et familier, mais dont on sentait bien qu'il n'était pas celui des grandes marques habituelles, plutôt une création personnelle, originale.
Mathilde rentra dans l'ascenseur, encore fascinée et sous le charme de sa voisine. Elle était intriguée. Elle aurait voulait en savoir plus. Les questions se bousculaient dans sa tête.
Ce soir là, elle entendit Anna rentrer vers 2 h du matin, non qu'elle eut fait du bruit, mais parce que la jeune voisine guettait.
- Qu'est-ce-que Anna a bien pu faire cette nuit ? Qui a-t-elle bien pu rencontrer ?
Son comportement, ses gestes, son vocabulaire, tout chez elle, évoquait le destin d'une princesse exilée d'un pays lointain. Mathilde dormit peu cette nuit là. Elle rêva de palais Indiens, côtoyant les Maharajas, avec des serviteurs en livrée d'une autre époque. Mathilde continua à se tourner dans son lit.
Le lendemain, la jeune femme interrogea la gardienne Maria.
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