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Une après midi dans le 6ème

Place Maubert, le brocanteur se promène dans les étals.
Au chocolat de Neuville, le sticker de la vitrine propose d’acheter des macarons « pas chers ».
Chez Dorr, les gourmets sont attablés, prêts à déguster les huîtres spéciales de Bretagne.
Au kiosque à journaux, Philippe range les magazines, en piles bien ordonnées.
Au vieux campeur, aucun produit n’est en vente aujourd’hui. Le magasin est fermé.
Au club de Beauvais, rentrent des sportifs qui veulent gonfler leurs biceps.

Au club de Beauvais, Frédéric ne veut pas y aller. « Ce n’est pas ce que je veux » dit-il à ses copains.
Place Maubert, la touriste américaine cherche un parapluie, pas une ombrelle du 19ème, juste un parapluie en plastique.
Au vieux campeur, les rideaux de fer sont baissés.
Au chocolat de Neuville, la vieille dame tire son chariot de provisions, en se tenant les reins. 
Au kiosque à journaux, Philippe recouvre les magazines d’une grande nappe de plastique transparente. Cela les protégera en cas de pluie.
Chez Dorr, les crabes, les langoustes, les huîtres et les araignées de mer, se disputent le peu de glaçons, avant que tout soit fondu.

Chez Dorr, « tu crois que pour donner envie aux clients, ils ont vaporisé un parfum en direct du port de Bretagne à marée basse? »
Au club de Beauvais, Frédéric tourne la tête et préfère regarder le graffiti au fond de la rue.
Au kiosque à journaux, la pince qui tient la nappe, qui recouvre les magazines, ressemble à une grosse araignée de mer.
Place Maubert, le brocanteur sourit poliment « c’est une chic ombrelle, vous ne regretterez pas votre achat. »
Au chocolat de Neuville, personne ne regarde la vitrine recouverte de macarons colorés dessinés, et plastifiés
Au vieux campeur, l’homme regarde la vitrine, mais ne voit que des rideaux de fer, rien d’autre. 

Au vieux campeur, le chauffeur regagne sa voiture, devant l’entrée de l’immeuble, et attend dans son taxi
Chez Dorr, tous les jours sauf le dimanche, on peut commander le menu des huîtres à volonté pour 39 euros. 
Au chocolat de Neuville, le vendeur, au fond du magasin s’ennuie. Il s’est plongé dans la lecture d’un livre d’aventures au Sahara. 
Au club Jean de Beauvais, Frédéric s’enfonce dans le graffiti psychédélique.
Place Maubert, le parchemin vert pistache est vendu pour 15 euros.
Au kiosque à journaux, il ne se passe rien, personne n’achète de magazines.

Au kiosque à journaux, Philippe se lève et remet en place les 4 pinces araignées de mer, qu’un passant a déplacé.
Au vieux campeur, « elle pollue ta voiture, va t’acheter une électrique !! »
Place Maubert, pieds nus au frais, le brocanteur, vend un collier de perles « vous ne regretterez pas votre achat ».
Chez Dorr, « mais si il est frais mon poisson ! pêché d’hier, en direct de Bretagne ! »
Au club de Beauvais, dans l’impasse, « rendez-vous, bla-bla, performance, chiffre d’affaires », Frédéric lit les inscriptions du graffiti.
Au chocolat de Neuville, pour 15 euros, on pourrait acheter, 10 macarons vert pistache. 

Au chocolat de Neuville, une pancarte assure que tout est fabriqué en France ! Mais tout ? le chocolat aussi ? faudra que j’actualise mes cours de géographie.
Au kiosque à journaux, « merde ! il pleut »
Au club de Beauvais, dans l’impasse, l’esprit de Frédéric s’est perdu dans les serpentins de couleur
Au vieux campeur, le voisin s’engouffre dans le taxi, avec son parapluie ruisselant
Chez Dorr, ça sent comme ça la moule du grand large ?
Place Maubert, le brocanteur a bien vendu !! Toujours pieds nus, il saute de joie dans les flaques. 

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